Mille et une Voix de Femmes

Depuis le 16 octobre dernier, le festival Voix de femmes bat son plein, une édition augmentée qui s’étend cette année sur 14 jours, dans dix lieux différents – huit à Liège et deux à Gand –  avec pour thème rassembleur : les pionnières de l’électronique. Rendez-vous à nos yeux incontournable pour tous les avides de découvertes fraiches et dépaysantes, on tenait particulièrement à vous emmener avec nous tout au long de cette édition. Après un petit retour du côté des origines et des objectifs poursuivis par l’association, nous revenons avec vous sur les temps fort du lancement de cette édition 2017, ainsi que sur les dates à venir (et à ne pas manquer) !

écrit par

23 octobre 2017

Depuis la première édition du festival, en 1991, de nombreuses artistes se sont succédées à Liège pour faire vibrer les curieux, venus ouvrir leurs horizons artistiques. Le festival a toujours eu comme objectif de défendre la création féminine et d’opérer des croisements entre les disciplines et les pays d’origines des artistes programmées. Pour cette nouvelle édition, Camille Lefèvre et Flo Vandenberghe, les deux nouvelles organisatrices, ont pris le parti de faire évoluer la  temporalité du festival : les traditionnels trois jours s’étirent donc en deux belles semaines. Un moyen, couplé à la diversification des salles, d’ancrer davantage le festival dans la ville, en l’investissant totalement.
Petit plus et non des moindres : les créations de l’artiste bruxelloise Cécile Barraud de Lagerie, dont nous parlions dans un précédent article, constituent la très belle identité graphique du festival – identité qui se trouve également mise en scène par la scénographe du festival, dans les différents lieux de celui-ci. Nous en avons d’ailleurs profité pour poser quelques questions à Cécile sur cette collaboration :

As-tu l’habitude de ce type de collaboration : réaliser l’identité visuelle d’un projet comme un festival? 
Cécile. C’est la première fois que mon travail sert d’identité à un festival, la majeure partie du temps, c’est pour la mode ( les imprimés ) que je dessine, ou pour des projets personnels.
Comment as-tu travaillé pour réaliser ce projet en particulier? 
C. On m’a littéralement donné carte blanche, la seule requête était d’exclure le rose de la gamme colorée, j’ai donc travaillé sur l’idée d’un paysage imaginaire et j’ai focalisé ma recherche sur les textures et les vibrations colorées. Je voulais absolument qu’il y ait un aspect modulaire car l’idée était que Take Shape puisse ensuite décliner les éléments, et je suis ravie du résultat !
Connaissais-tu le festival? 

C. Je ne connaissais que de loin le festival, même si j’avais noté quelques noms qui m’intriguaient. En l’occurrence cette rencontre tombait vraiment à pic car je me suis souvent demandé comment je pourrais allier ma pratique à mes convictions féministes…

Tu as participé à plusieurs événements de ce début de festival: un coup de coeur?
C. Le travail de Christina Vantzou a vraiment été un énorme coup de cœur et mon seul regret est que la performance n’ait pas duré plus longtemps!

 

Une ouverture aux ondes exotiques

Le festival poursuivant son cours, nous partageons avec vous les découvertes marquantes que vous avez (ou pas) manqué, tout ça pour vous donner envie de vous y rendre pour la suite de la programmation :

  • Mercredi 18 octobre, Christine Ott s’emparait de l’ouverture liégeoise du festival, en faisant vibrer ses Ondes Martenot pour accompagner le Tabu de Murnau. L’ondienne a démontré toute la maitrise de son instrument : un des plus vieux de musique électronique, inventé dans les années 20 par Maurice Martenot.  En alternant l’instrument avec des notes aux pianos, les images muettes de Murnau, la lumière et quelques silences-respirations ont emmené le public bien loin, peut-être aussi loin d’eux-mêmes que la musicienne ne l’est de l’univers du film, comme elle le confiait à l’issue de la projection : ce choix de film elle l’a fait pour se mettre en danger, se tester : un écart par rapport à son univers d’artiste.
  • Jeudi 19 octobre, c’est l’artiste bruxelloise Claire Williams et son travail de broderie électronique qui étaient à l’honneur : vernissage à la galerie Rature du KulturA. La bruxelloise cherche à comprendre et à montrer l’invisible, au moyen de son savoir-faire textile et électronique : une association peu évidente et pourtant fort poétique, et à l’esthétique finale réussie. Un carré de recherche est montré au public : une radio composée de fils de cuivre et de points de broderie sur du tissus conducteur. Écouter des ondes, sentir du bruit, mixer des composants invisibles : telles sont les propositions de Claire Williams, qui agrémentera son exposition durant le festival, au moyen des œuvres réalisées collectivement lors de workshop au point culture et au KulturA. Son travail est visible ici.

 

  • Enfin dimanche 22 octobre, avait lieu une journée de workshop au sein même du KulturA : broderie sonore, édition collective, djing ainsi qu’une discussion et une performance de Christina Vantzou. On ne s’étalera pas ici sur un compte-rendu détaillé de la journée : on signale juste avec plaisir que  l’intérêt de ce type de journées – et les évènements féministes ne dérogent pas à la règle – se situe tout autant dans les activités proposées, que dans l’entre-soi qui s’y crée : les discussions qui ponctuent ces ateliers, les rencontres qui s’y font, les échanges de coordonnées et autres suivis sur les réseaux sociaux, toutes ces actions sont la preuve que ces journées sont nécessaires : pour se retrouver et se rencontrer, prendre exemple et inspirer, comme l’ont dit Steph Wunderbar et Claire Williams durant la discussion : il ne s’agit pas de se considérer comme mentor mais bien d’espérer stimuler, par l’exemple, en faisant découvrir son travail à d’autres femmes, en leur permettant d’enrichir toujours plus leur expérience.

Le meilleur est peut-être encore à venir

On vous le disait plus haut, la bonne nouvelle de cette année est que le festival s’est alongé de dix jours : il vous reste encore huit dates auxquelles vous rendre durant ce festival. On vous en a sélectionné deux qui font partie de nos incontournables :

  • Le 27 octobre : le concert d’Emel Mathlouthi et de Zoe McPherson – une figure du printemps tunisien d’un côté, avec une voix hors norme, qui présentera son second album Ensen qu’elle coproduit et a enregistré sur trois continents différents. De l’autre, une artiste franco-irlandaise basée à Bruxelles, qui dévoilera son premier album String Figures, que vous avez peut-être vu au Beursschouwburg dans le programme de « The Future is Feminist » le 20 octobre dernier, et que nous évoquions ici.
  • Le 28 octobre : l’atelier de coaching scénique et micro ouvert avec Lisette Lombé, en plus de la fiesta de clôture (bien sûr !) au Reflektor : pour l’atelier, apporter un texte d’une page A4 maximum et apprendre à le dire devant un public, sur une scène, afin de lui donner vie. Performez-le lors du micro ouvert le soir-même et puis allez fêter la fin du festival en musique avec Rebeka Warrior et Mathilde Fernandez au Reflektor : soirée déjantée en perspective.
    Un dernier mot pour dire que ce n’est pas l’actualité qui contredira la pensée suivante : le temps est aux rencontres, et surtout à la parole… Emparez-vous de ces Voix de Femmes que l’on vous propose en pleine lumière, et venez en rencontrer des tas d’autres dans l’ombre du public.

 

LIENS VERS L’ARTISTE

Actualité

Le festival Voix de Femmes se déroule jusqu’au 28 octobre !

Crédits :

© Julien Hayard

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