Dans nos speakers – JANVIER 2016

Tous les mois : une sélection des nouveautés musicales qui ont tourné à répétition sur nos platines, sans restriction de genre et sans prétention d’exhaustivité. En cette première trentaine de l’an deux-mille-seize, on enfonce le clou avec des incontournables : l’épitaphe stellaire de Bowie et le retour fiévreux de Massive Attack. Mais on rabote aussi local avec Arno et Dalton Télégramme, on scie la branche de l’indé’ jusqu’à en tomber avec « Third Law » de Roly Porter (certifié disque cinq gommettes du mois) et d’autres trucs qui poncent pas mal les tympans.

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14 février 2016

Roly Porter – Third Law

▶︎ Listen : Blind Blackening

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Troisième disque en solo pour l’anglais Roly Porter et, soyons directs, troisième tuerie. Alors que ses deux premiers albums sont sortis sur le label hautement qualitatif Subtext, son nouveau Third Law voit, lui, le jour sur Tri Angle, maison aux productions peut-être moins irréprochables mais tout de même sacré fer de lance d’une scène dédiée aux musiques noires et hantées. On pense évidemment aux très bons Haxan Cloak, Evian Christ et plus récemment Lotic. Puis là, à l’instant, Roly Porter qui se hisse du premier coup dans les meilleures releases du label.

Third Law est une immense masse d’énergie. Elle prend source avec « 4101 » dans le silence qui n’en est pas vraiment, dans le grésillement imperceptible mais présent, dans la fausse tranquillité des orchestrations classiques, très lentes d’abord. L’entropie qui commence à ronger le système. Mais très vite, par les dissonances des drones et des nappes synthétisées en mercure brûlant, par les déflagrations qui tiennent autant de l’éruption solaire que du trou noir, apparaissant et disparaissant en éclairs d’un orage métallique – ouais un orage peut-être, mais dans l’espace alors. Par tout ça, le disque nous entraîne dans une galaxie nouvelle et noire, presque une non-galaxie, aux astres carbone et charbon et à l’anti-matière obsédante. Tout du long les instrumentations classiques font office de continuum temporel, le temps en terme de durée n’étant plus qu’un concept fonctionnel une fois plongé dans la musique de Porter. Un état de navigation passive, complètement soumis à l’abstraction de sens – mais pas de sensations,  au contraire elles seront un million de fois plus troubles, plus bouillonnantes. « Mass » s’abat en une violence brute et primaire, les structures rythmiques sont dantesques ; s’il devait y avoir une traduction sonore d’un corps pris à l’intérieur d’une chaîne d’astéroïdes, ce serait sans doute celle-là. « Blind Blackening » est la pierre angulaire de l’album. Les drones s’immiscent doucement dans les nappes boréales, et progressivement se mettent à vibrer, à vibrer tellement fort que non seulement le sol, les meubles mais l’air aussi tremble. Jusqu’à l’intérieur de nous, au niveau moléculaire, c’est percutant. Même un peu effrayant, dans « In Flight ». Parce que dans cet univers sonore où l’humain disparaît totalement pour quelque chose de plus grand, de plus vide mais aussi de plus instable, il y a à la fin du disque (« Departure Stage ») comme une rencontre ou des retrouvailles. Entre l’absolu le plus noir et le plus indicible avec le corps physique et sa faiblesse, celle de la perception et du ressenti, mais aussi sa plus grande beauté. Dans le voyage initié par <i>Third Law</i> on redécouvre des vérités que l’on était incapable d’énoncer, comme s’il fallait perdre de vue toute sensation réelle, humaine, pour pouvoir enfin retrouver l’essence même de ces ressentis auxquels on était trop habitués. Intense.

 

Massive Attack – Ritual Spirit

▶︎ Listen : Dead Editors

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Choisissez votre camp : coup médiatique fumeux ou génie commercial ? Quoi qu’il en soit, tout commence début janvier avec la sortie d’une application iOS nommée « Fantom » éditée par Massive Attack sur l’Apple Store. Après cinq ans de quasi-absence, le buzz était acquis d’avance. Derrière ce nom obscur se cache en vérité le nouvel EP des Anglais, baptisé Ritual Spirit. L’application permet de remixer des fragments du quatre-titres précité en fonction des mouvements de l’utilisateur, de son rythme cardiaque, de sa géolocalisation, etc. Nous aurions aimé vous dire que c’est révolutionnaire ou supercool ou stevejobs mais nos iPhones sont trop dépassés pour lancer l’application, alors on va plutôt se concentrer sur les quatre chansons originales.

Et c’est tout de suite plus intéressant parce qu’avec ce nouveau disque, Massive Attack revient à ce qu’ils font de mieux. De la black music qui pue la sueur et le sexe rance. Des basslines sombres et oppressantes qui pourfendent comme la course saccadée du muscle cardiaque sous un mélange d’amphétamine et de kétamine. Des contre-temps rythmiques qui taillent, entre samples et vocaux, des arythmies que l’on pourrait presque confondre avec des respirations si elles n’étaient pas aussi brûlantes. La piste d’ouverture « Dead Editors » invite Roots Manuva (un autre vétéran en perte de vitesse) à poser sur les percussions lubriques du duo de Bristol son flow, que l’on est fort content de retrouver comme dans nos souvenirs : à la fois anxiogène et dancehall. Chacun des trois autres tracks de l’EP reçoit également un invité mais dommage pour Azekel et les Young Fathers qui, malgré beaucoup de bonne volonté, se font éclipser par la performance d’un Tricky que l’on avait plus entendu aussi démentiel depuis très longtemps, même sur ses propres disques (par ailleurs assez décevants). Avec dix-huit minutes solides et envoûtantes, Ritual Spirit ramène au premier plan une promesse oubliée à laquelle on ne croyait plus : Massive Attack serait de retour ? Peut-être bien !

 

Daughter – Not to Disappear

▶︎ Listen : No Care

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Période froide et bleue. Les écharpes épaisses masquent les yeux rougis alors que les volutes blanches trahissent les souffles courts et précipités. Les silhouettes dans la rue marchent tête baissées, encapuchonnées, silence givré si ce n’est les publicités qui claquent dans le vent. Une sorte de lenteur imposée que ce mois de janvier, contaminé à la mélancolie post-fin-d’année. On rentre vite chez soi et on y reste, même si l’on ne sait pas vraiment pourquoi, c’est comme ça. Bref,  le moment idéal pour sortir Not to Disappear, deuxième long format du trio Londonien mené par Elena Tonra. Après un premier If You Leave à la folk triste et douce, Daughter refuse de se répéter (peut-être bien synonyme de disparaître, au fond) et nous emmène dans des contrées nettement plus ciselées et électriques. En conservant ce qui fait leur essence ; des textes acérés, des ambiances bleutées et frissonnantes, et puis bien sûr la voix en coton délicat de Tonra. En augmentant l’étendue, la portée de leurs instrumentations, ils évitent avec une grâce assez folle l’écueil du deuxième album copié-collé.

Même si quelques chansons ressortent particulièrement à l’écoute et quelques autres battent de l’aile – comme « How », sorte de pastiche raté de Beach House, ou « New Ways », qui pompe trop The XX pour être acceptable – l’une des plus grandes forces du disque réside dans son agencement millimétré. De la piste d’ouverture qui dévoile d’emblée la maturité nouvelle en frôlant les territoires du post-rock à « Mothers », sur le fil tout du long jusqu’à l’explosion, c’est au début de la deuxième moitié de l’album que bat le coeur qui gouverne le reste. D’abord « Alone / With You », ses paroles en miroir et son instru’ électrique qui touche droit dans la nuque, puis les épaules, et voilà, la tête qui dodeline. Ensuite « No Care », d’une évidence immédiate et d’une immédiate évidence. Enfin « Fossa » et « Made of Stone » qui terminent l’album comme la lumière soudaine par la fenêtre interrompt la sieste hivernale. Doucement, les paupières plus tout-à-fait closes. Daughter continue sur la bonne voie.

 

Arno – Human Incognito

▶︎ Listen : Oublie qui je suis

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Trente-cinq années de carrière. Un treizième disque en solo. C’est quelqu’un, Arno. On regarde rapidement en arrière, en vrac et sans chronologie, pour prendre le pouls. « Les yeux de ma mère » en 2002 à l’Ancienne Belgique, cigarette au poing et faciès encore préservé. Titubant et chaotique, puis obsédant, surtout, son désarroi désarmant. « Les filles du bord de mer » en 1993, la gestuelle, les cris, l’irrévérence peut-être, mais la colère non. La grâce dans la disgrâce, assez simplement mais loin d’être aussi simple. Jusqu’à récemment, « Quelqu’un a touché ma femme » pour le Figaro en 2011, des taches de vieillesse sur les mains, les mains souvent devant les yeux, les yeux souvent fermés, mais toujours Arno, sans discontinuer. Malgré tous les fossés ou les bars ou les bords de route. C’est quelqu’un, ouais, mais il te dira alors « comme toi et moi ». Encore plus récemment, dans sa lettre à Trump, épisode hellhole, ses mots sans pareil et une lecture délicieuse que l’on recommande chaudement.

Puis maintenant, Human Incognito. Le titre en dit long. Arno n’est pas dépassé, il ne pourrait être plus moderne encore. Tout est contemporain ici, les problématiques abordées, les migratoires, les existentielles, les sexuelles, les sociétales, et tout avec cette aisance de celui qui n’a probablement jamais été à l’aise. On s’attardera peu sur les détails de l’album, finement produit par John Parish – une valeur sûre – et qui sans négliger ses belles qualités reste assez conventionnel. Ce n’est pourtant pas une remarque négative, loin de là, parce quand on écoute Arno c’est pour le tout, pour l’homme entier/brisé, pour la vision et l’élégance, bien plus que pour un disque. Et ça, c’est tout de même assez fort.

 

David Bowie – Blackstar

▶︎ Listen : Lazarus

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Critique délicate que celle-ci. Tant à dire. Et tellement de déjà-dit, par tellement de gens, dans tellement de langues, avec tellement de différents degrés de pertinence. On ne s’y risquera pas, décrétant la présence de Blackstar dans l’article auto-suffisante : il a tourné a répétition sur nos platines et il continuera longtemps encore comme beaucoup de ce que nous aura laissé Bowie. Voilà, merci.

 

 

 

 

 

 

Federico Durand – A Través Del Espejo

▶︎ Listen : Teatro de sombras (Shadow play)

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Il y a quelques moments où sans savoir pourquoi, on se retrouve coincé entre une fatigue colossale et une incapacité totale à dormir. Le paradoxe est assez déplaisant pour rester courtois, d’autant plus que ça n’arrive évidemment que si la journée du lendemain s’annonce rude à la ferme. Heureusement, le dernier disque de Federico Durand semble avoir été produit pour ces situations-là : il ouvre à travers la fatigue éveillée une fenêtre sur l’inconscient, et donc d’une certaine façon sur le sommeil. Jackpot les insomniaques. A Través Del Espejo est à la fois l’oeuvre d’un artisan et d’un conteur. En rassemblant ensemble des fragments de petits sons, de toutes sortes de carillons, de boîtes à musique, de xylophones ainsi que le bruit même de l’enregistrement – les bandes qui tournent, tout ça, c’est métaméta -, il nous plonge dans une introspection diffuse de petites choses, de trésors discrets ou de lumières joueuses, avec minutie et émerveillement. Une jolie introduction pour ceux qui s’intéressent aux musiques ambiantes et électroacoustiques.  

 

 

Villagers – Where Have You Been All My Life?

▶︎ Listen : My Lighthouse

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Avec Where Have You Been All My Life? les emblématiques Villagers nous proposent un album d’auto-ré-interprétation uniquement constitué d’anciennes chansons de leur répertoire, enregistrées live au studio RAK en maximum deux prises et sans overdub. La classe. A ceci près que comme tout disque de ré-interprétation, l’exercice est dangereux et peut, certes, produire des versions sublimées mais se contente en général de dépecer les pistes originales de leurs viscères les plus belles. Ici, les Irlandais s’en sortent plutôt pas mal en allant vers l’épure avec des réorchestrations harmonieuses et, pour la majorité, aussi vibrantes que leurs ancêtres. Suffit d’écouter « My Lighthouse » tirée de {Awayland} ou encore « Courage » issue de leur dernier opus original Darling Arithmetics, la magie est bien là. Pourtant, même si le travail acoustique est indiscutable, on regrette parfois le manque d’audace dans les arrangements ; ceux-ci auraient pu bénéficier d’un peu plus de fougue… évitant ainsi quelques reprises très poussives (notamment « The Soul Serene »). Du reste, on apprécie beaucoup découvrir « Memoir » sans Charlotte Gainsbourg (amen) et « The Waves » qui réveille la houle sous notre peau. A la fois une bonne porte d’entrée pour ceux qui ne connaissent pas, et un bien joli cadeau pour les aficionados. Entre les deux, c’est surtout un joli album de folk qu’il serait dommage de rater.

 

Hinds – Leave Me Alone

▶︎ Listen : Easy

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Vous vous souvenez peut-être de Deers ? Un duo de jeunes Espagnoles qui cartonnaient l’année passée grâce à quelques vidéos largement relayées par toute la machinerie médiatique, vénale et tentaculaire, des dictateurs de trends Pitchfork, NME, Rolling Stone et tous leurs copains. On est d’accord pour dire que ça ne cassait pas trois pattes à un cul-de-jatte, mais que quand même, elles avaient une bonne bouille et une chouette énergie. Elles reviennent cette année à quatre, et avec un nouveau nom tout aussi inspiré que le premier, Hinds.

Autant le dire d’emblée, ce Leave Me Alone est un bien drôle de truc. Sur la forme, ce n’est pas top : section rythmique hasardeuse, guitares approximatives et voix dissonantes. A première vue on est en plein dans le rock de garage (vous savez, ces groupes inconnus qui sont en tête d’affiche de la fête du village), à bien différencier avec les groupes de rock garage (qui, en fait, sont aussi en tête d’affiche de la fête du village). Sur le fond, pas top non plus. Anglais coupé à la tronçonneuse, histoires de teenagers débiles, parties littéralement incompréhensibles. Mais. Un grand mais, un mais abasourdi d’étonnement, un mais de mâchoire tombée et d’yeux vides : c’est mauvais mais, mais, mais… ça fonctionne. A mais-rveille (ahah pardon). Il n’y a aucune raison concrète, aucun critère esthétique ou technique valable pour affirmer que les madrilènes d’Hinds tiennent quelque chose, et pourtant. On craque sur les ritournelles chantées n’importe comment de « Fat Calmed Kiddos » ou « And I Will Send Your Flowers Back », sur les arrangements faciles à trois accords de « Bamboo » et même sur la piste instrumentale d’un vide confondant « Solar Gap » mais – à nouveau – sans comprendre pourquoi, ça fonctionne. A merveille.

 

Tortoise – The Catastrophist

▶︎ Listen : Shake Hands With Danger

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The Catastrophist marque le retour d’un groupe majeur du post-rock après sept ans d’absence. S’il est moins connu que Mogwai ou (un peu plus tard) Godspeed, reste que Tortoise a distillé depuis 1994 quelques très gros disques dans une discographie plutôt qualitative qui compte à présent huit opus ; on pense à Millions Now Living Will Never Die ou encore au très fort Standards. Même si on retrouve d’entrée de jeu leur éternelle volonté d’expérimentation sur l’introduction éponyme et ces structures rythmiques mouvantes qui leur réussissent si bien sur « Shake Hands With Danger » et « The Clearing Fills », il faut avouer que du reste, aucune piste ne nous a attrapé les neurones pour en faire de la soupe d’endorphines. Le disque est pourtant assez cool, il explore des territoires plus électroniques dans l’instrumentation aux rythmes davantage chaloupés et groovy que rock, malheureusement on les sent moins à l’aise ; la machine fonctionne, mais avec un mécanisme approximatif. Jusque-là rien de bien grave, si ce n’est quelques titres qui viennent s’appesantir sur les rouages, notamment « Rock On » avec Todd Rittman des U.S. Maple au chant insupportable.

La critique est peut-être dure, mais pour des vieux de la veille comme Tortoise, il ne pouvait en être autrement. The Catastrophist contient de bonnes idées même si ce n’est clairement pas l’album de leur discographie qui va perdurer. Par contre, il nous donne l’occasion de dropper quelques lines sur Blondy Brownie, duo féminin qui officie maintenant sur le tout jeune Luik Records (fondé par les gars d’It It Anita) ! Pas de panique, vous allez faire le lien : chaque mois de l’année les jeunes belges sortent un morceau, à chaque fois en collaboration avec un invité surprise. D’abord « Le Premier Jour » avec Timothée des BRNS (#love) puis maintenant… je vous le donne en mille : John McEntire de Tortoise sur « Vilain Tigre » !

 

Dalton Télégramme – Sous la Fourrure

▶︎ Listen : Tant pis pour hier

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Bien que cet article arrive un peu tard pour vous annoncer leur release party du 13 février dernier au Botanique, ce n’est absolument pas une raison pour écarter la nouvelle mouture des Dalton Télégramme de vos découvertes. Leurs débuts remontent déjà à quelques bonnes années : après deux premiers EP La Cavale et La Planque, après leur victoire aux concours « du F. dans le texte » organisé par le conseil de la musique (dépendant de la Fédération Wallonie-Bruxelles), et celui de TV5Monde « Talents Acoustic », les Liégeois reviennent avec un long-format cette fois, enregistré dans nos bonnes vielles Ardennes. Un produit du terroir donc, mais aussi un produit de terres lointaines ; des terres arides et épineuses, celles d’une far-west-folk rythmée et solaire. Ils te prennent par la main, par le banjo et par l’harmonica. Ils déclament en Français dans le texte des paroles à la sincérité enjouée et naïve. Puis surtout, en live, ils défont le paysage, ils nous transportent aisément ailleurs, à la croisée de leurs chemins bien à eux. Comme on dirait par chez nous : enjaillant !

LIENS VERS L’ARTISTE


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Actualité

Crédits :

Crédit bannière : Lazarus – David Bowie

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