Le Living room, un art de vivre !

Le rendez-vous est en début de soirée, dans un lieu où il fait bon s’asseoir, prendre un verre et écouter. Ce pourrait-être chez moi, ce pourrait-être chez vous, peu importe l’endroit, c’est la qualité du temps qui passe que l’on mesure. Caroline Scheyven et Mathieu Ha reçoivent Alphabeta, en compagnie d’autres convives, « comme à la maison », installés confortablement sur des canapés qui sont le décor familier, parmi le reste du mobilier, du living room. Le living room désoriental est un festival organisé par le collectif Nihon Bashi créé par Mathieu Ha, rejoint plus tard par Caroline Scheyven et une palette d’artistes haute en couleurs, venus de pays, d’horizons, de cultures, d’influences, de modes d’expression différents. Le tout, aussi disparate soit-il au départ, produit un spectacle-performance de 4 heures minimum, d’une diversité étonnante. L’expérience est totale, pour le public, autant que pour les artistes réunis.

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25 avril 2017

 

Quelle est l’histoire du collectif Nihon Bashi ?

MH : Presque une vieille histoire déjà ! Qui remonte à 20 ans. « Bashi » en japonais signifie « pont », c’est vraiment l’image à l’origine du collectif qui est d’abord un réseau de lieux alternatifs. Ces ponts relient la Russie, la Chine, le Japon, la Thaïlande, la Belgique, c’est une aventure qui a commencé par une série de concerts improvisés au Japon, suite à une succession de rencontres incroyables qui m’ont permis de me produire avec mon groupe de l’époque, je faisais du chant sans paroles. Nous avons eu l’occasion de jouer dans la salle d’un ancien parc d’attractions à Osaka. C’était une grande pièce vitrée et à l’extérieur on pouvait voir les montagnes russes et tous les manèges du parc, ça a été une expérience unique, ainsi que la possibilité de rencontrer des artistes et le public japonais. Nous avons aussi rencontré une troupe de théâtre, découvert une autre forme d’expression où la compréhension et la réception passent par d’autres voies que la langue.

Après cette opportunité, nous avons voulu trouver le moyen de faire venir ces artistes japonais à Bruxelles. C’était le premier pont qui allait se construire de toutes pièces et sans grands moyens, mais avec beaucoup d’énergie. Ainsi s’organise le premier festival, en 2007, date qui « officialise » le Nihon Bashi en tant qu’événement. Les artistes, chanteurs, musiciens, danseurs, rencontrés avant, ont naturellement voulu s’associer au projet qui a vite pris de l’ampleur, même si au début nous avons organisé des soirées concert chez les gens, des performances en plein air, dans les arbres… Nous avons finalement clôturé cette édition du festival par un concert au Recycl’Art.

Au total, on peut dire qu’une centaine d’artistes est passée par ce pont ! En divers lieux. C’est une collaboration entre les artistes et les lieux organisateurs, avec des institutions, et même des particuliers. L’intention est toujours de créer un spectacle, une ambiance, un décor pour que les gens se sentent bien, comme s’ils n’étaient pas venus au divertissement, mais l’inverse.

 

pétale vidéo et robot

 

Expliquez-nous le concept du living room désoriental ? pourquoi « désoriental » (même si nous avons bien une vague idée) ? Il s’agit d’un festival aussi ?

CS : C’est un festival de 10 dates en 10 lieux différents, entre le 26 avril et le 17 mai. Le résultat d’un an de travail et de contacts multiples pour réussir à réunir 24 artistes de 8 nationalités différentes, et trouver des dates et des lieux pour recevoir ce spectacle d’au moins 4 heures, où chaque duo d’artistes a sa partie, et où l’ensemble participe à la même ambiance, tout en mêlant les genres et modes d’expression. Il y a du chant, de la musique, du théâtre, de la vidéo. Mathieu présente la troisième partie de son opéra-cinéma.

L’idée c’est de reconstituer un cadre convivial, un vrai salon comme chez soi, donner l’occasion aux spectateurs de vivre une soirée divertissante tout en étant restés chez eux. Une véritable illusion pour se croire à la maison ! Le décor du living room se fait à partir des contributions des divers lieux d’accueil qui, en fonction de leur espace, fournissent des canapés, des fauteuils, le mobilier que l’on trouve dans son salon, la bibliothèque, parfois une cheminée, des tables basses… La programmation regroupe des lieux très divers qui fournissent des décors variés où le pari est toujours d’installer un living room, le plus cosy possible. En moyenne, la capacité d’accueil est de 200 personnes. Quelque part, c’est sur la scène que les spectateurs sont installés et les artistes sont dans la salle. Les repères sont bouleversés parfois, c’est l’aspect « désoriental », désorienté, de ces soirées. Le living room est une sorte de spectacle total avec plusieurs duos, mais il y a aussi toute une scénographie qui assure les enchaînements. Nous avons eu une semaine de répétition tous ensemble avant le début du festival pour caler l’ensemble des prestations et obtenir un tout cohérent aux allures de tour de Babel. La scénographie comprend des objets qui ont un rôle important, comme le téléviseur avec son antenne branche, objet incontournable des salons. Il y a aussi certains éléments de costumes qui ont été créés tout spécialement par la styliste américaine Ladoudoun qui réalise une collection de « déco à porter » qui sont à objets à porter que je vous laisse découvrir. Les spectateurs peuvent voir aussi un robot qui se produit avec une danseuse. Dans chaque lieu, il y a un endroit tenu secret jusqu’au dernier moment, qui est la chambre d’or où seront célébrer des mariages avec soi-même proposés aux invités. La soirée promet d’être longue !

MH : Le living room pour moi, c’est d’abord l’endroit où il fait bon être, cosy, un peu raffiné. L’esthétique est très importante dans ce projet, le décor est volontairement soigné. C’est aussi une ambiance et une alternative à la simple soirée TV ! Le living room est un espace de vie, d’échange et de distraction, il est le lieu idéal pour rendre les différentes cultures plus familières, plus proches, dans toutes les langues et à travers divers moyens d’expression.

 

 

 

 

Comment avez-vous réussi à organiser un tel projet avec autant d’artistes de pays différents ?

CS : Le collectif Nihon Bashi a réussi à financer les billets d’avion pour certains. La plupart des lieux couvrent les frais pour les artistes, assurent leur hébergement. Les artistes auront des cachets en fonction des entrées. C’est incroyable pour nous de voir que nous avons réussi à financer dans l’ensemble un tel festival.

 

 

 

 

 

 

 

LIENS VERS L’ARTISTE

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ARTISTES
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Stylish Nonsense TH
Alek & Les Japonaises BXLJP
van Twolips BXLNL
Dexter Davies CA
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Dan Barbenel SCT
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Ladoudoun USA

Dates et lieux des concerts
26 Avril   LES ATELIERS CLAUS Bruxelles
27 Avril    PAKEBO Liège
29 Avril            HET BOS Anvers
01 Mai             LA LOUCHE D’OR Wazemmes (fr)
04 Mai             LE GARAGE 29 Bruxelles
06 Mai             CHEZ BARBARA Tournai
07 Mai             PROVIDENCE Charleroi
12 Mai             CAFE DES ORGUES Herzeele (fr)
14 Mai             Torcy (fr)
17 Mai              LE LAC Bruxelles (de Witte de Haelen)

Crédits :

photos@Sukses Produktie &Flimsy Records

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