LaMontagne, troisième édition, un effet « boule de neige » !

Mieux qu’un « collectif », mot qui les dérange vraiment, LaMontagne, toute nouvelle ASBL, est une plate-forme constituée au départ de trois « potes », Gwenaelle de Spa (historienne de l’art), Benjamin Ottoz et Julien Peinture Technique (tous deux artistes), qui réunit commissaires, artistes et public. La Troisième édition, « Hors Piste » ouvre ses portes demain à la Vallée, un opening qui marque le premier « apéro » de la saison, orchestré par Un Moment Hi-Fi (Antoine Pesle & Dominique Giliot), un concert performance de circonstances pour une exposition – évènement qui regroupe une trentaine d’artistes dans 700 m2. Alors on sait quoi faire demain !
Rencontre avec l’un des commissaires, Benjamin.

 

écrit par

18 avril 2018

 

 

AB mag : C’est un plaisir pour nous de revenir à LaMontagne ! Comme un rendez-vous printanier à ne pas manquer ! Nous nous étions rencontrés à l’occasion de la première édition, et c’est déjà la troisième… Tu peux juste nous rappeler les débuts de LaMontagne, revenir sur le commencement ? Et pourquoi LaMontagne ?

Benjamin Ottoz : Le projet LaMontagne est né d’une rencontre entre Julien, Gwen et moi. Deux artistes plasticiens et une historienne de l’art, quelques belles possibilités donc ! A l’époque Julien et moi étions résidents à la Vallée, rêvions d’une exposition que l’on projetait dans cet espace si grand et si particulier, encore peu occupé à ce moment-là. Pierre Pevée, responsable du Lieu, nous offre alors l’occasion rêvée de réaliser cette exposition. Quant au nom, qui est à la fois celui de notre plate-forme, on préfère cette étiquette s’il en faut une à celle de collectif, et celui de la première édition, il s’est imposé simplement parce que LaMontagne à La Vallée, ça nous semblait un beau décor et ça nus amusait ! Il y avait comme un effet de miroir entre La Vallée et LaMontagne.

Evors, Temples, plâtres teintes irisés. 2015

 

Trois éditions donc ? Et pourquoi avoir choisi « Hors Piste » pour celle-là ?

B.O. : Oui, la première éponyme, pour le lancement de la plateforme, la seconde l’an dernier s’est appelée Shelters, c’était aussi en avril pendant la semaine de l’art contemporain et cette année c’est « Hors Piste »!, on aura filé le plus possible la métaphore de la montagne, de l’idée du refuge, à la fois pour les artistes et pour l’art, à une époque où les réfugiés faisaient tristement l’actualité, à la belle idée du hors -piste dans un monde qui cherche toujours sa voie ! « Hors Piste » fait partie du Off officiel de la foire Art Brussel. Du coup, le projet se présente comme un « à côté » du système des foires et du marché de l’art, une alternative. Nous n’avons donc pas de contraintes commerciales, on ne vend pas, nous sommes tous bénévoles.

Laura Bottereau & Marine Fiquet, Martyr(e)s (extrait). Installation, éléments de taxidermie, bois, textiles, plâtre, métaux, corde, plumes. Dimensions variables, 2014

 

Et qui sont les artistes de « Hors Piste » ? Et comment s’est fait le commissariat ?

B.O. : Des Belges et des Français pour cette édition mais c’est un pur hasard, beaucoup de duos, 25 artistes et des performers, donc 27 au total. Tous les médiums pratiquement sont représentés, et un vrai dialogue d’ailleurs s’installe entre les propositions de chaque artiste. En ce sens, c’est pour moi une véritable exposition d’art contemporain.

Pour le commissariat, nous avons toujours fonctionné de la même façon. Nous sélectionnons d’abord un noyau dur d’une dizaine d’artistes qu’on a repérés au cours de nos rencontres dans l’année, auxquels on a pensé tout de suite pour un espace comme La Vallée. Ce sont nos premiers invités parce que leur travail nous a vraiment marqués ou touchés quand nous le découvrons. Et, à partir de ce qu’ils nous proposent, on lance les invitations suivantes. Des œuvres appellent d’autres œuvres, comme de satellites, selon un processus d’attraction, de correspondance, de lien. Les premiers artistes nous proposent d’autres artistes et l’exposition se constitue aussi. Ensuite tout se fait au montage et à l’accrochage. On demande toujours plusieurs pièces aux artistes, certaines s’imposent d’emblée dans l’espace et on construit autour de certaines œuvres qui sont comme des marqueurs. C’est ce qui fait aussi le charme de cette exposition qui se fait de manière collégiale, en impliquant les artistes lors du montage, certains d’ailleurs travaillent directement in situ. En plus, chaque année nous invitons à se joindre à nous un « curator  guest » pour partager nos expériences, cette année c’est Maison Vide qui vient de la Marne, de Cruny. Maison Vide a aussi invité des artistes aussi et participe à toute la discussion autour de la table de ce projet.

Alice et Mattia, Découverte, 2016, Bois, béton, les, acrylique. Dimensions: 120x250x40cm

Et l’espace pour toutes ces pièces, dont certaines sont monumentales ?

B.O. : On dispose de trois salles et du couloir. La grande salle A avec les cursives qui offre un grand espace avec des perspectives ; la salle B, une salle noire, dans laquelle on installe les pièces multimédia, les pièces lumineuses, les projections vidéo. Et la salle C après le couloir. Chaque espace a son énergie et on réparti les pièces en fonction de ces lieux.

David de Beyter, Trophy I (Not-for-a-trophy-but-a-good-crash), 2014

 

Et si tu devais définir « l’esprit » de LaMontagne, son souffle ?

B.O. :C’est vraiment un projet collégial, concerté où l’on cherche à impliquer le plus possible les artistes et à provoquer une rencontre entre les artistes et les collectionneurs, entre les artistes et les amateurs d’art, avec tout public en fait. La plupart des artistes présentés seront présents à l’opening et des visites guidées sont organisées avec Arkadia pour la première fois cette année. Donc chacun des commissaires fait une visite commentée avec un groupe de personnes amené par l’association Arkadia. Et des rencontres avec les artistes sont organisées dans ce cadre -là, ce qui donne encore une autre dimension au projet. La visite guidée est payante, 5 euros, sinon l’expo est gratuite, c’est ce qui fait aussi qu’elle s’inscrit en marge du circuit traditionnel.

Stephan Balleux, External, 90x60cm, huile sur toile, 90x60cm, 2017

 

Quelques noms du « noyau dur » pour livrer quelques perles ?

B.O. : Difficile de choisir… mais KRJST, un duo d’artistes brussellois qui propose un travail vraiment organique, la grande tapisserie dans la salle A. C’est un peu l’image de la cascade, une chute d’eau monumentale en toile tissée dans l’espace. Cette pièce fait 17 mètres de long, c’était pour nous un vrai défi de commissariat mais les hauteurs industrielles de La Vallée facilitent l’installation. C’est vraiment une pièce forte à voir qui, aussi abstraite soit-elle, évoque la nature, la forêt dans un flou qui ne peut qu’attirer le regard.

Les Simonnet dont la carrière début dans les années 70. Encore un duo, ils travaillent le matériau plastique qui, à l’époque, a très mauvaise réputation et rien d’artistique ! Ils sont une véritable page de l’histoire de l’art. Leurs pièces sont le résultat d’un assemblage de modules variables, un peu comme des Legos. Ils sont très connus pour leurs serpentins au départ. Là, ils proposent des pièces totems qui se jouent des formes et des couleurs.

Lucie Lanzini qui propose une installation in situ en utilisant des matériaux divers, notamment la résine et la mousse polyuréthane, qui se combinent parfaitement avec l’espace et la matière du lieu. Elle travaille sur les volumes qu’elle dédouble en utilisant des miroirs et l’architecture. On pourra voir son travail dans la salle C.

LIENS VERS L’ARTISTE

Actualité

Vernissage: 18 avril à 17:00

Exposition du 19 au 22 avril, à la Vallée.

Crédits :

crédits photos @LaMontagne

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