From Liedekerke, Belgium

Avec un premier EP « Amplify », quelques singles et pas mal de beats dispersés depuis ses quinze ans, Josly Meso s’installe tranquillement dans le paysage hip-hop belge. À raison. Du haut de ses dix-neuf ans et du fond de Liedekerke dans le Brabant flamand, le jeune artiste développe, sur des instrumentaux toujours finement produits, un flow souple et maîtrisé qui n’augure que de belles choses à venir. Tenez-le pour dit.

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17 novembre 2015

C’est attablé dans les canapés-vortex du café Pantin à Flagey que l’on rencontre Josly pour la toute première interview de sa carrière. Caché derrière son jus de fruit et ne sachant pas trop à quoi s’attendre, on lui promet : ce ne sera pas douloureux. Normalement.

Découvert grâce à « Amplify », son premier EP sorti cette année, ce n’est pour autant pas la genèse de son parcours. Pour ça il faut remonter quelques années en arrière, en 2011. Il a quinze ans et commence à jouer avec des programmes de MAO, produisant des beats par-ci par-là sans trop y penser.

« Comme j’avais des bons retours sur les beats que je produisais à l’époque, j’ai commencé à rapper dessus – c’était la suite logique. J’ai posté les premiers singles sur YouTube, sans trop savoir dans quel but ni pour qui… Au départ j’essayais de garder ça privé parce que j’avais l’impression que c’était un peu la honte. L’avis de mes potes, des gens autour de moi, ça me faisait flipper. Mais les trucs postés fonctionnaient bien, des inconnus me faisaient des commentaires carrément positifs, alors je me suis mis à partager tout ça sur Facebook. C’était stressant pour moi (rires) ! »

Et la machine s’emballe progressivement, jusqu’à aujourd’hui. Ses sons sur Soundcloud tournent à fond et il a même droit à un topic reddit à propos du single « Better off Alone », petite bombe d’à peine trois minutes au piano mélo-crocodile et aux beats qui sonnent comme à l’époque d’or des beatmakers tout-analogique.

 

 

« Ouais, j’ai vu ce topic, c’est fou ! Ça m’a pas mal rassuré justement, parce que l’idée derrière cet EP c’était surtout de me prouver que je pouvais produire un projet cohérent et non pas simplement des tracks. Depuis le début j’essaie de poser un défi sur chaque nouvelle production, j’ai besoin de sentir l’évolution pour être convaincu que je tiens quelque chose de bon. »

Avec une patte sonore qui relève davantage des States que de la commune flamande à 12.000 résidents – et pourtant il s’identifie sur son Soundcloud comme un producteur « from Liedekerke, Belgium », on se demande bien comment (et si) sa hometown influence sa musique.

« C’est facile en fait de s’établir en tant que rappeur de Liedekerke… il n’y a pas trop de concurrence ! Je ne sais pas vraiment si ma cité est une source d’inspiration… Mais ouais, dans les gens que je fréquente, dans les endroits aussi, il y a toujours quelque chose d’authentique. Ce n’est pas un endroit où il y a beaucoup de choses à faire, t’es obligé de trouver tout seul ton groupe, tes activités pour rendre cette ville un peu plus vivante. Mais du coup – et c’est là le bon point – comme il n’y a rien, t’es obligé de construire toi-même quelque chose. Pour moi, c’est de la musique. »

À peine quelques mois après la sortie de « Amplify », on découvre sur Soundcloud deux nouveaux singles signés Josly Meso. « 3117 Keys » pour chiller en fin d’après-midi, et « Above Water » qui fait la part belle aux silences et prouve une fois de plus que les tempos lents lui collent à la voix avec brio. Cerise sur le gâteau, ces deux tracks annoncent déjà un nouvel EP, affaire à suivre.

Quand on l’interroge sur ses projets à venir, un grand sourire malicieux apparaît sur son visage. Sans en dire trop il nous parle de « produits » plutôt que de sons, laissant entendre que ce sera sans doute plus que juste de la musique. Affaire à suivre bis. On tente tout de même de lui tirer les vers du nez en lançant la piste d’une éventuelle collaboration, mais négatif.

« Je n’y ai pas encore réfléchi, mais si je devais collaborer avec quelqu’un dans le futur ce ne serait probablement pas avec un artiste issu du milieu hip-hop mais plutôt de l’indie-rock. Je pense par exemple à un belge, Jeremy Walch (ndlr : également membre de Paon). J’aime bien son genre, sa façon de travailler le son, ça pourrait être cool ! »

Sachant que Josly et Jeremy, en plus de partager la première initiale, partagent le même attaché de presse, on se dit qu’il y a de fortes chances pour que la collaboration quitte prochainement le conditionnel. Affaire à suivre (troisième).

 

 

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Photo couverture : vi.be

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