Feu l’indien de madame : littérature So British

Le retour des beaux jours stimule bien souvent l’envie de se plonger dans un livre, en terrasse, au jardin, au lit, partout ailleurs. Nous choisissons de vous parler d’un texte qu’on a dévoré. Que l’on vous souhaite de découvrir. Et d’offrir. Et de relire. 

écrit par

3 juin 2018

Le roman

Lire Feu l’Indien de Madame c’est comme tomber sur une comédie intelligente par hasard à la télé : aussi plaisant que rare et inattendu.

« Le trajet High Street-Westminster durait une demi-heure environ. Jamais, dans les cinquante-quatre années de son existence, Mme Searwood n’avait trouvé une demi-heure aussi longue. Pour tout dire, cet Indien nu assis à côté d’elle la gênait terriblement ».

C’est l’énigmatique – mais déjà drôle – quatrième de couverture du livre, extrait de la page 12, qui nous a convaincu d’en lire davantage. Le ton est donné et reflète parfaitement celui du texte dans son entièreté. Non-sens à gogo, personnages et situations loufoques, ironie permanente. Une comédie à l’anglaise, comme on les aime.

On se devait donc de partager ce coup de coeur avec vous. Parce que – demandez aux libraires à quelle fréquence on leur formule cette demande – trouver un livre qui fait du bien, c’est rare. Trouver un livre qui fait du bien et qui est intelligent, c’est carrément exeptionnel. Avec Feu l’Indien on se laisse embarquer avec plaisir, comme des enfants, au bras de cette petite Londonienne surprenante et de son « esprit protecteur ». On part à l’aventure, on se rappelle nos propres histoires inventées dans le fond du jardin, dans la cour de l’école ou dans notre chambre avec une armée de nounours pour compagnons. Un monde qui fait pourtant appel à notre humour d’adulte, avec ce côté décalé qui tourne en dérision les politiques, les aviateurs, les psychiatres, les révérends et gens du monde.

La force de ce roman, publié à la fin de la seconde guerre mondiale, est que les questionnements sous-jacents restent on ne peut plus moderne, et que le décalage par l’humour le protège du vieillissement. Quand la littérature critique l’absurdité de la guerre, sans jamais perdre de sa malice. Exquis.

L’auteur

Feu l’Indien de Madame, c’est 221 pages écrites par Leonard Wibberley, il y a déjà 74 ans. La première traduction française date de 1957 et fort heureusement pour nous, une super petite maison d’édition indépendante – Héros-Limite – a décidé cette année de le republier.

Leonard Wibberley est également l’auteur de nombreux romans de littérature jeunesse et de policiers – sous les pseudonyme de Patrick O’Connor et de Leonard Holton. Irlandais décédé en Californie, il a aussi signé des recueils de poésie, des journaux de voyage et une biographie de l’ancien président Thomas Jefferson. Les Éditions Héros-limite publiaient déjà en 2017  une réédition de son best seller, La souris qui rugissait.

La maison d’édition

Héros-limite est une maison d’édition créée à Genève en 1994 par Alain Berset, installée dans un atelier d’imprimerie. L’association de cet atelier et de la maison d’édition est une volonté : un lieu où les livres édités seraient d’une grande qualité typographique, avec toujours un soucis de dépouillement. Une manière de définir la littérature par des ouvrages en marges, des textes sélectionnés pour leur qualité et l’envie de faire circuler des objets singuliers. Les publications de la maison ont bien souvent des rapports étroits avec d’autres démarches artistiques – de la prose poétique, des récits, de la poésie visuelle figurent également au catalogue.

 

 

LIENS VERS L’ARTISTE

Actualité

Crédits :

© Éditions Héros-Limite

Traduction de J-P Lacroix

Les bons copains

ALPHABETA MAGAZINE

Chasse les tendances créatives et débusque les talents émergents.

On s'appelle?

Pour nous faire un petit coucou : coucou@alphabetamagazine.com

Le CLUB

De plus amples informations arrivent très bientôt, restez dans les environs !