Olivier Vandervliet nous dit quoi

Que signifie la vie des acteurs du secteur culturel ? Comment vivre de sa créativité, et comment font ceux qui ont réussi ?
Pour comprendre les réalités de ces métiers, tous les mois, Dis-Moi Quoi pose ici le portrait d’un entrepreneur créatif au travers d’une discussion… Pour qu’il nous dise quoi.

Pour faire écho au dossier sur l’édition indépendante de ce mois-ci : parlons donc d’édition, et plus particulièrement d’art contemporain.

écrit par

30 novembre 2016

Olivier Vandervliet est éditeur indépendant et s’est spécialisé dans l’art contemporain. Depuis quelques années, il exerce une profession synonyme de rencontres et de collaborations avec des artistes. Un travail particulier et passionnant qui se module au gré des rencontres qu’il génère, guidé par ses coups de cœur artistiques.

 

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Les heures de gloire du studio de graphisme belge Donuts ne vous sont peut-être pas inconnues. Olivier Vandervliet était l’un des membres de ce trio créatif. Amoureux des livres et passionné d’art contemporain, c’est tout naturellement qu’il s’est réorienté vers l’édition de livres d’art. « J’étais aussi intrigué par le fait de faire quelque chose seul, de ne plus dépendre de clients et d’avoir des journées de travail variées » raconte-t-il. De cette réflexion est né Triangle Books.  C’était il y a trois ans, et depuis, la jeune maison d’édition a déjà été bien prolifique. Lorsque l’on lui demande ce que signifie concrètement son métier, on comprend vite qu’Olivier multiplie les casquettes, et que sa capacité à jongler avec chacune d’elle est un atout. « A l’origine, je suis graphiste et je fais des livres. Je contacte en fait des artistes pour leur proposer d’en faire un ensemble, et je travaille avec eux à sa réalisation. Une fois qu’il est fait, j’essaie de le diffuser, de le vendre. Donc je suis aussi éditeur. » Les grandes lignes de ce métier particulier sont tracées.

 

« Quand je fais du graphisme pour un livre, même si c’est moi l’éditeur, j’ai aussi des comptes à rendre à l’artiste. »

 

 

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Chaque livre est pensé de façon unique : il peut mettre en avant d’une partie du travail de l’artiste, comme être le résultat d’une demande spécifique d’Olivier. Ou encore être un catalogue d’exposition, comme le fut par exemple celui de Robert HEINECKEN pour son exposition au WIELS. C’est un choix délibéré qui impose une variation de la structure même du livre, et ouvre le champ des possibilités. Au bout du compte, le résultat final illustrera le dialogue crée entre l’artiste et Olivier. Cela explique pourquoi, chez Triangle Books, le graphisme ne peut se faire de manière unilatérale. « Quand je fais du graphisme pour un livre, même si c’est moi l’éditeur, j’ai aussi des comptes à rendre à l’artiste : on discute », explique Olivier. Ce qui rend la vitesse de réalisation de l’ouvrage variable selon le projet artistique qu’il y a derrière et la connivence du binôme éditeur/artiste. Cette relation est donc fondamentale dans son travail. « (…) J’en suis encore à un stade où je ne suis pas prescripteur. Je dépends donc encore de l’actualité de l’artiste, de sa renommée. »

 

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En dehors de la création pure, Olivier réalise donc un travail marketing conséquent : il propose ses livres à des librairies et fait jusqu’à cinq foires de livres d’art par an (New York, Los Angeles, Paris, Londres et Bruxelles). « C’est un deuxième métier : faire un livre est une chose et le vendre [en est] une autre » nous avoue-t-il.

 

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« Il faut y croire. Essayer de faire des livres que les gens auraient envie d’avoir. »

 

Mais qu’en est-il de l’aspect financier dans tout cela ? Le monde de l’édition de livres d’art belge n’étant que peu peuplée d’après ses dires  : il nous confie n’en rencontrer que trois ou quatre aux foires internationales. Comment survivre ? « Ce n’est effectivement pas évident. J’avais prévu un peu d’argent pour pouvoir me permettre de ne faire que ça. C’était important pour moi car je voulais pouvoir faire ce métier à fond, pour me permettre de réussir. » S’il s’en sort, c’est principalement grâce à la production d’éditions limitées et parce qu’il fait lui-même le graphisme de ses livres, ce qui lui permet de réduire ses dépenses. « Il y a des livres pour lesquels j’ai tout payé, d’autres qui sont le résultat d’une collaboration avec une galerie qui en a préacheté un certain nombre, ou encore ceux en éditions limitée qui rapportent de l’argent rapidement. Puis, il faut y croire. Essayer de faire des livres que les gens auraient envie d’avoir. Au-delà du travail de l’artiste, il y a des gens qui achètent le livre pour ce qu’il est. »

 

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On ne pourra toutefois pas s’empêcher de se demander si, de toutes ces collaborations, l’une d’elle n’aurait pas chatouillé la fierté de notre jeune éditeur plus qu’une autre ? « Il n’y en pas un que je préfère. C’est un peu comme demander à quelqu’un qui a plusieurs enfants lequel il préfère. Je les aime [tous] beaucoup et c’est à chaque fois des histoires différentes. Certains ont été, disons, sans douleur dans le travail de collaboration avec l’artiste, alors que pour d’autres ça aura été plus pénible. Certains se sont faits très vite et d’autres sont passés par différents stades étalés sur plusieurs mois. »

Force est de constater son désir réel de produire un objet allant au-delà du simple livre d’art.

 

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LIENS VERS L’ARTISTE

Actualité

Il y a un mois Triangle Books lançait sa dernière publication avec l’artiste belge Harold ANCART, « There is no there there & driving is awesome”.

En 2014, l’artiste s’acheta une voiture pour faire le voyage aller-retour de New York à Los Angeles. Il la transforma en sorte de studio mobile dans lequel il pouvait dessiner. Il prit également pris des photos durant ce voyage.

Crédits :

© Priscilla DUBUS

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