26 raisons de se rendre au Festival du documentaire d’Amsterdam

Avec ses 255 000 visiteurs se pressant aux portes des cinémas d’Amsterdam et ses 300 films tournés aux quatre coins du globe, l’IDFA est tout à la fois le Cannes et le Disneyworld du documentaire. Plus grand festival du genre au monde, on y passe des journées et des soirées à voyager, s’indigner, s’instruire, s’émerveiller et – soyons très honnêtes – à chialer. Comme sur un paquet de patatjes oorlog, on s’est jeté sur le programme du Festival avec avidité, scrollant avec délice dans l’application de nos doigts graisseux. On vous laisse avec cette sélection alphabétique, tandis qu’on part s’empiffrer de docus à Amsterdam. Promis, on vous raconte.

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18 novembre 2015

 

Ain’t Got No (I’ve Got Life)

What happened, Miss Simone ? de Liz Garbus – USA

Un retour (signé Netflix) sur la vie mouvementée de la grande Nina Simone, symbole et digne représentante de l’Amérique noire des sixties.

On ira le voir parce que : « Sinnerman », « Strange Fruit », « To Love Somebody », « Feeling Good », etc. ont été de puissants vecteurs de notre intérêt pour la cause des Afro-américains à une époque … pas si révolue.

Bang bang

Snow Monkey de George Gittoes – Australie & Norvège

Jalalabad, Afghanistan. L’artiste australien George Gittoes suit le quotidien des (très) jeunes membres de trois gangs : les Snow Monkeys, les Ghostbusters et la clique d’un petit dur de dix ans à peine. De crèmes glacées en arnaques à l’exorcisme, c’est le récit d’une enfance déjà évaporée.

On ira le voir parce que : Le documentaire a été sélectionné dans la compétition officielle et qu’il est l’œuvre d’un bel illuminé, qui a consacré toute sa vie à relater la guerre à travers son art.

Corée du Nord, le vrai du faux

Under the Sun de Vitaly Mansky – Russie, Lettonie, Allemagne, République Tchèque et Corée du Nord

Une année dans le quotidien d’une famille moyenne nord-coréenne. Où s’arrête la propagande et la supercherie, et où commence la vie, la vraie ?

On ira le voir parce que : Mystifiée et mystifiante, la Corée du Nord exerce un pouvoir d’attraction inouï, paradoxalement dû à une propagande totalitaire. Vitaly Mansky se joue du pays et de son public à la fois, dans un documentaire sur le fil de la vérité.

 

 

De chez nous

Patience, Patience, t’iras au Paradis ! de Hadja Lahbib – Belgique et France

Le portrait de sept femmes maghrébines qui, des années après leur arrivée en Belgique, se préparent à un autre grand voyage : celui qui les mènera vers les Etats-Unis.

On ira le voir parce que : Présenté au Festival du Film Méditerranéen de Bruxelles en 2014, le film montre un autre visage de ces femmes que l’on aime décrire comme communautarisées à l’extrême : naturelles, pleines de joie de vivre et d’une autodérision décomplexée.

Errol Morris

The Fog of War d’Errol Morris – USA

L’ancien secrétaire à la Défense de Kennedy et Johnson, Robert S. McNamara, révèle ses onze leçons sur la nature et la conduite de la guerre moderne. Un document précieux et un portrait impressionnant de la politique américaine, vainqueur d’un Academy Award.

On ira le voir parce que : Errol Morris, son réalisateur, est l’invité d’honneur de cette édition de l’IDFA, qui lui consacre une rétrospective.

 

 

Femme, mère, grand-mère

A Family Affair de Tom Fassaert – Pays-Bas, Belgique et Danemark

Tom Fassaert explore l’histoire délicate de sa propre famille, marquée par l’abandon et le conflit. Ce voyage à travers quatre générations le conduit jusqu’en Afrique du Sud où vit Marianne, femme fatale, ancien modèle et matriarche de 95 ans à peine. Déjouant d’emblée ses plans, la grand-mère lui confesse un grand secret.

On ira le voir parce que : Le documentaire a ouvert le Festival cette année (un vrai gage de qualité) et que très franchement, comme vous, on a besoin de lever le voile sur ce mystère … Qui est vraiment Marianne ?

Grande première

Rough Stage de Toomas Järvet – Estonie et Palestine

Malgré l’absence de ressources et de soutien de ses proches, un Palestinien est déterminé à monter le premier spectacle de danse contemporaine à Ramallah.

On ira le voir parce que : Cernés de toutes parts par une offre culturelle délirante, nous oublions parfois que dans certaines parties du monde, l’art est une lutte.

 

 

Hé, poupée !

My Silicone Love de Sophie Dros – Pays-Bas

La vie sans blister d’Everard, un homme qui aime ses douze poupées en silicone comme si elles étaient de vraies femmes.

On ira le voir parce que : C’est Lars and the Real Girl, dans la vraie vie.

In Vitro

Bistro in Vitro de Koert van Menssoort – Pays-Bas

Meat the Future. Entre la viande « élevée » et la viande « synthétisée », la frontière est trouble dans Bistro in Vitro. Cette webcréation présente le menu futuriste d’un restaurant qui ne sert que de la viande … et qui n’a pourtant d’autre choix que de s’en passer.

On ira le voir parce que : Derrière les bizarreries gastronomiques de ce resto virtuel se cache une réelle réflexion sur l’avenir de notre consommation de viande.

 

Jeunesse géorgienne

When the Earth Seems to Be Light de Salome Machaidze, Yamuna Karumidze et David Meskhi – Géorgie et Allemagne

Des gamins, skateurs, musiciens, artistes dans un pays post-soviétique, à la recherche de leurs propres espaces d’expression.

On ira le voir pour : Sa superbe photographie et son réel « pouvoir de séduction » sur les audiences jeunes. Une parfaite introduction au monde du documentaire, illustrée par sa présence dans la « Doc U Competition » du Festival.

Kaboul/Téhéran

Sonita de Rokhsareh Ghaem Maghami – Iran, Allemagne et Suisse

Réfugiée afghane en Iran, Sonita rêve de devenir rappeuse. Sa famille a d’autres plans pour elle, beaucoup plus lucratifs : mariée à un parfait inconnu, elle rapporterait 9 000 dollars. Elle s’en défend en musique et le clip de son morceau « Brides for Sale » devient viral.

On ira le voir parce que : Sonita fait partie de cette « génération Malala » de jeunes femmes rebelles qui luttent pour faire entendre leur voix. Écoutons-les.

Luttes de pouvoirs

Checks and Balance de Malek Bensmaïl – Algérie

Le quotidien d’une rédaction algérienne qui se fait un devoir de traiter l’actualité politique du pays avec intelligence et humour.

On ira le voir parce que : Malek Bensmaïl était là où il fallait, durant la 4ème campagne critiquée d’Abdelaziz Bouteflika, et livre un témoignage qui laisse de l’encre plein les doigts.

Mama Cosmique

Janis : Little Girl Blue d’Amy Berg – USA

Composé de précieuses archives et d’interviews de la famille et des musiciens de l’artiste, le documentaire d’Amy Berg est un portrait richement documenté de la légende Janis Joplin.

On ira le voir parce que : Au-delà de la renommée de sa réalisatrice (Deliver Us From Evil), le documentaire est une bonne occasion de se rendre à sa projection au Melkweg, LA salle de concert d’Amsterdam.

 

 

Naomi Klein

This Changes Everything d’Avi Lewis – Canada & USA

Changer ou être changé : et si le réchauffement climatique n’était pas seulement une crise, mais la meilleure chance que nous ayons de bâtir un monde meilleur ?

On ira le voir parce que : Après No Logo et La Stratégie du Choc,  la journaliste, écrivain, cinéaste et altermondialiste Naomi Klein montre qu’il nous est aujourd’hui offert l’opportunité de changer radicalement un système malade. Loin de l’anecdotique, de la contemplation, et de la plainte documentaire, voilà un film qui éveille les consciences.

Oxfam Selection

Requiem for the American Dream de Peter Hutchison, Kelly Nyks et Jared P. Scott – USA

Dans une série de longues interviews, l’intellectuel engagé Noam Chomsky démontre comment la concentration des richesses dans les mains de quelques « élus » est la cause de la destruction du Rêve américain … et de bien d’autres.

On ira le voir parce que : Franchement, vous louperiez une conférence de Chomsky, si vous pouviez y assister ?

 

 

Panthères noires

Black Panthers : Vanguard of the Revolution de Stanley Nelson – USA

D’anciens membres des Black Panthers parlent de la contribution radicale du mouvement aux droits civiques dans les années ’60.

On ira le voir parce que : L’actualité (américaine) a besoin de ce genre de documentaires.

Quorn ou steak ?

Need for Meat de Marijn Frank – Pays-Bas

Malgré tout ce qu’on sait sur sa provenance, de son coût écologique et de son impact sur notre santé, pourquoi la viande occupe-t-elle encore une telle place dans notre alimentation ? Au-delà de la question, Marijn enquête, personnellement.

On ira le voir parce que : Marijn Frank est l’équivalent féminin néerlandais de l’auteur Jonathan Safran Foer (Eating Animals).

 

 

(Rires)

Live from New York ! de Bao Nguyen – USA

Un retour sur 40 années de Saturday Night Live, l’émission satirique essentielle et indéboulonnable de la télévision américaine.

On ira le voir parce que : C’est l’occasion de découvrir l’envers d’une véritable institution et d’un phénomène culturel. Et puis de se marrer, aussi.

Sheriff, fais-moi peur

Sheriff Software de Dries Depoorter – Belgique

Après Tinder In où il comparait des photos Tinder et LinkedIn de parfaits inconnus et s’interrogeait sur la notion de vie privée, l’artiste gantois Dries Depoorter nous fait nous glisser dans la peau d’un(e) flic. Alors, good cop ou bad cop ?

On ira le voir parce que : Notre compatriote fait partie de la sélection de « DocLab : Seamless Reality », un focus génial sur les nouvelles formes de narration interactive.

Tragicomique

Tig de Kristina Goolsby & Ashley York – USA

L’histoire de la comique de stand-up Tig Notaro, devenue une star du jour au lendemain après s’être ouvertement moquée de … son cancer du sein.

On ira le voir parce que : Très franchement, comme Tig, on a bien besoin d’une thérapie par le rire en ce moment.

 

 

Ultime jeu

Thank You for Playing de David Osit et Malika Zouhali-Worrall – USA

Un designer de jeux vidéo est confronté au diagnostic de son fils d’un an, atteint d’un cancer. Durant le traitement de Joel, son père décide de créer un jeu unique.

On ira le voir parce que : c’est la mutation d’une injustice dramatique en œuvre d’art numérique, qu’on espère salvatrice.

Vindicte verte

How to Change the World de Jerry Rothwell – Angleterre et Canada

Un documentaire sur la naissance et l’histoire de Greenpeace, le premier mouvement écologiste qui fut capable de mettre l’environnement à l’agenda politique.

On ira le voir parce que : How to Change the World offre un retour aux fondations du greentivisme, celui d’avant les calendriers et les T-shirts verts.

World Wide Web

Calling Ukraine de Jean Counet – Pays-Bas

En Lettonie, une femme appelle les membres de sa famille coincés en zone sinistrée en Ukraine. Impuissante, c’est la guerre de l’autre côté de l’écran qu’elle contemple.

On ira le voir parce que : Calling Ukraine réveille en nous de récents démons, ceux qui attisent la peur d’être loin de ceux qu’on aime et qui sont en danger.

 

 

XY & skate

Skatekeet d’Edward Cook – Pays-Bas

« La plupart des filles sont intéressées par des trucs de filles, comme les robes et sortir avec des garçons », mais pas elle. Casquette sur la tête et skate au pied, elle s’interroge sur un sport genré dans lequel elle excelle.

On ira le voir parce que : Au-delà du girl power précoce qui suinte par tous les pores de ce documentaire, on admire l’initiative de l’IDFA à consacrer toute une sélection aux « documentaires pour enfants ».

Yann Arthus-Bertrand

Human de Yann Arthus-Bertrand – France

Face caméra, des habitants du monde parlent de ce qui a fait leur vie, d’impressions mentales éclatantes en souvenirs douloureux.

On ira le voir parce que : Yann Arthus-Bertrand capture ce qui fait l’essence de l’être humain et ce qui fera, peut-être, sa perte.

 

 

Zéro

Natural Disorder de Christian Sønderby Jepsen – Danemark

« L’univers essaye de me dire : tu es un pathétique petit handicapé », raconte Jacob, un étudiant en journalisme physiquement et mentalement diminué. Jacob répond à l’univers en montant une pièce de théâtre autobiographique.

On ira le voir parce que : On n’a pas envie de vous mentir en vous racontant que « c’est la superbe histoire d’un jeune homme courageux ». On va juste avouer que ça a manqué de nous faire pleurer en une bande-annonce.

LIENS VERS L’ARTISTE

Actualité

Le prochain Festival international du Documentaire aura lieu à Amsterdam du 16 au 27 novembre 2016.

Crédits :

Crédit photo : © When the Earth Seems to Be Light

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